Les « rides » de char!

char

Vous souvenez-vous des randonnées en auto quand vous étiez enfant?  Quand toute la famille prenait la route pour un « nowhere », pour Pointe-Calumet, les plages voisines, ou encore visiter mononc’ et matante dans le Bas-du-fleuve? Ou peut-être dans votre cas était-ce le chemin contraire:  vous partiez de Trois-Pistoles ou d’Alma pour venir dans la grande ville?

C’était chaque été un rituel.  Durant les vacances de la construction, nous partions. Papa et maman en avant. Les enfants derrière, assis bien sagement durant la première partie du voyage au moins.

Après nous avoir laissé écouter la radio qui diffusait nos succès préférés,  papa baissait le son et quelques minutes plus tard, il chantait les premières notes d’une toune folklorique que nous connaissions tous.  Il en profitait pour nous distraire en entonnant des airs de la « Bonne chanson »,  à partir de Rosemont jusqu’à Saint-Antonin (Rivière-du-Loup):  « Sur la route de Berthier », « Le petit voilier », « Quand le soleil dit bonjour aux montagnes » ou encore, « Le frigidaire » faisaient partie de notre répertoire, à coup sûr! 

Les chansons de l’émission Jeunesse d’aujourd’hui y passaient aussi:  « La poupée qui fait non », « C’est le temps des vacances » ou encore « Quand le film est triste ». Tour à tour, nous chantions une vieille chanson française ou une complainte québécoise et le voyage nous paraissait plus court.

Bien sûr, malgré les jeux de devinettes, les historiettes drôles et autres trucs que nos parents trouvaient pour nous occuper, il fallait parfois nous ramener à l’ordre car nous finissions par nous chamailler et il arrivait que papa excédé, menace de stopper l’auto et de nous laisser sur le bord du chemin.  

Nous savions bien qu’il ne ferait jamais cela mais… comme un doute planait, nous nous calmions pour un temps.

Toutefois, quand papa prenait un air préoccupé ou découragé, nous savions qu’il ne fallait pas pousser plus loin nos incartades.

Il arrivait que nous stoppions pour une frite sur le bord du chemin ou pour une crème glacée.  Nous étions en vacances et c’était les plus beaux moments de nos jeunes vies.   Nous remontions dans l’auto et les airs de « La bonne chanson » reprenaient.  

Parfois, nous nous étonnions du nom d’un village.  « Saint-Louis-du-Ha! Ha! » par exemple.  Mon père nous racontait une histoire qui ressemblait à une légende et nous éclations de rire:  il nous faisait accroire qu’un des fondateurs de la place était monté au sommet d’une « montagne » et quand il avait vu le fleuve d’un côté et le Lac Témiscouata de l’autre… il s’était écrié « Ha! Ha »!  Je n’ai jamais su si c’était vrai.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Louis-du-Ha!_Ha!

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St-Louis-du-Ha! Ha!

Ah les plaisirs de voyager, de contempler notre beau Québec, ses arbres, ses lacs, ses rivières, ses chemins asphaltés qui se déroulaient comme un long ruban gris du sud au nord, de l’est à l’ouest!  La beauté simple de nos villages, les clochers au loin qui annonçaient que nous approchions de Ste-Anne-de-la-Pocatière, de Notre-Dame-du-Portage,   de Ste-Rose-du-Dégelis (un autre village dont mon père avait inventé une légende).

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Une vue du Lac Témiscouata

 

J’ai de si beaux souvenirs de ces moments, de ces voyages.

Quand enfin nous arrivions à destination, la grand-mère qui nous recevait les bras ouverts, avec son tablier fleuri.  Ca sentait bon la bonne nourriture de chez nous.  

Nous étions traités comme des rois.

Que du bonheur!

ford
Une Ford Fairlane 1965
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