Colette et moi

Colette et moi

C’est elle!

What more can I say!

Je raconte souvent à qui veut bien l’entendre que Colette est ma soeur, mon amie, mon ange. Placée sur mon chemin de vie pour me faire connaître autre chose que ce que j’avais vécu jusqu’alors.

C’est elle qui a demandé à ses parents d’avoir une soeur.  Comme ils avaient déjà une fille et un garçon et que les grossesses de sa maman n’avaient pas été faciles… ils ont décidé de prendre une enfant de l’aide sociale.

Colette avait 11 ans quand je suis arrivée chez elle et j’en avais 13.

J’arrivais d’un pensionnat de religieuses à Marieville où j’avais vécu durant deux ans. Et où j’avais été bien traitée, nourrie, lavée, habillée et instruite aussi.

En sortant du pensionnat que nous appelions “couvent”, j’avais habité trois mois chez une ex-religieuse et un pompier à Ville d’Anjou… Mauvais souvenir!

Mais quand je suis arrivée chez Colette, ce fut tellement différent.

J’ai tout de suite sentie que j’étais bienvenue.  L’inscription à l’école secondaire St-Eugène, magasiner de nouveaux vêtements, partager la chambre de Colette, manger à table en famille et le climat harmonieux qui y régnait, tout était là pour me faire plaisir.  Pour me rendre heureuse.

L’adaptation n’a pas été difficile.  Et tout de suite, Colette m’a accueillie comme sa soeur, le coeur et les bras grand ouverts.

Si elle n’avait jamais demandé à sa mère d’avoir une soeur, je n’aurais jamais eu la belle vie de famille  aimante et acceptante que j’ai connue avec elle, ses parents et toute sa famille.

M’ennuies de toi ma belle!

Colette 1970

Mon assimilation, mon exil – Céleste Godin

Mon assimilation, mon exil – Céleste Godin

Tellement bon texte. Bravo.

Astheure

Well, c’est le temps de devenir un cliché. Une autre Néo-Écossaise en exil. Une autre Acadienne qui quitte la ville des Anglais. Une Acadienne Errante. Farewell to Nova Scotia. Etc.

C’est un exil auto-imposé. C’est mon choix, et celui que je dois faire. En fait, personne n’a même tenté de me décourager. Pas même en blaguant. Pas même pour une seconde. Pas même mes parents. Comme si c’était si évident que ça que je devais aller à Moncton, même sans job, et sans plan fixe.

Ce n’est pas parce que c’est le choix évident que c’est facile.

J’ai toujours senti cette place, Halifax, et la Nouvelle-Écosse, jusque dans mon âme, jusque dans mes veines. Je vibre à sa fréquence. Je suis faite de sa brume.

Et je sais que malgré tout, je dois partir. Je m’empoisonne ici.

Je devais changer de maison anyways. L’époque de «Petit Pré» tire…

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Pour qui se prend elle?

Pour qui se prend elle?

groupe

Ce matin, je lisais un texte de Ginette Reno sur sa page Facebook.  Elle y parlait du doute.  Le doute de soi, le doute des autres, le doute (la peur) de faire des mauvais choix.

La phrase que je retiens, la phrase assassine:  « Pour qui elle se prend elle »…

Cette phrase, je l’ai tellement entendue quand on voulait me faire taire, me réduire, me laisser entendre que j’étais juste une petite orgueilleuse.  Y en a même un qui un jour m’a dit que je lisais trop, que je réfléchissais trop et que je finirais à l’hôpital psychiatrique (St-Jean-de-Dieu).

J’ai l’impression que dis-je, une certaine conviction que j’ai toujours « dérangé ».

Cela a débuté dès ma conception, je crois.  Née d’une fille-mère dans une petite ville du Québec (Sorel) en 1951, j’étais déjà de trop.  Mon arrivée dérangeait les normes sociétales établies!

Mes grand-parents au début ne m’acceptaient pas vraiment.  Je les soupçonne d’être plus tard venus s’établir à Montréal pour que ma mère et eux-mêmes aient la paix s’éloignant ainsi des commérages incessants.

Plus tard, ma mère s’est mariée avec l’homme dont je porte le nom et ils ont eu 6 autres enfants.

Mais, je continuais de déranger car par ma présence, je rappelais à mon père que ma mère avait couché avec un autre homme avant lui.  Qu’elle n’était donc pas vierge au mariage. Dans ces années-là, c’était la chose à ne pas faire quand on était une jeune femme célibataire de 20-21 ans.

Alors,  mon père m’a fait sentir de trop. J’avais beau arriver avec un beau bulletin, « faire ma fine », rien ne parvenait à attirer son attention, son affection sur moi.

Bah!  Peut-être dans ma tête de petite fille me suis-je bâtie une idée.  Mais, pourtant, une de mes soeurs m’a déjà confirmé que « Papa, il ne t’aimait pas beaucoup hein? ».

Donc, j’ai grandi de cette façon.  Pas uniquement.  Il y a eu de beaux moments avec papa et maman mais surtout avec mon grand-père maternel.

Lui, il avait voyagé.  Il avait combattu en Europe durant la Première Guerre Mondiale.  Il y avait été blessé au genou droit.  Il avait une plaque de métal à la place de la rotule et je me souviens qu’il ne pouvait me faire sauter sur sa jambe (jouer au « ouaoual » – cheval) car cette jambe ne pliait pas. Il avait aussi étudié et voyagé durant quelques années dans l’État de New-York.  La région de Tupper Lake.

Grand-père voyant que j’étais curieuse, que je posais beaucoup de questions m’a beaucoup appris.  Que ce soit mes premiers mots d’anglais, ou me montrer à colorier sans dépasser les lignes du cahier à coloriage, ou répondre à mes questions sur les arbres, les animaux, les feuilles, les aiguilles des conifères ou  les « hélicoptères »…

Mais surtout quand il ouvrait sa malle aux trésors, celle qui contenait ses souvenirs, son habit de soldat en grosse laine kaki, ses médailles ou son carnet de route.  Celle qui recelait des trésors pour moi:  des livres de lecture, mais aussi des livres de calculs, d’algèbre et de géométrie.

Il me racontait des histoires, m’écoutait, était attentif à ma petite personne.

L’un de mes souvenirs les plus vifs: lorsqu’en regardant les pages du livre d’algèbre, je lui avais dit:  « Mais, grand-papa, c’est pas possible d’additionner ou soustraire des lettres entre elles! »  Et patiemment, il m’avait expliqué que oui c’était possible et que plus tard, je saurais comment faire car mon professeur me l’enseignerait…

Il m’ouvrait déjà des portes sur la curiosité, l’imagination, le goût insatiable d’apprendre, de comprendre, de savoir.

Avec lui, jamais je n’ai senti que j’étais de trop, que je dérangeais. Ce fut mon premier ange gardien sur terre.

Plus tard, de par mes connaissances, mon désir de discuter, d’enseigner, d’échanger avec les autres des informations, des connaissances que je considérais cruciales et dont j’avais envie de faire bénéficier  mon prochain, je me suis rendue compte que parfois, encore, je dérangeais.  On ne voulait pas savoir, ne pas entendre et on en venait à dire:  « Mais, pour qui elle se prend, elle? »  Et même crûment:  « Pour qui tu te prends toi? ».

Je me suis longtemps mise en doute:  Est-ce que j’étais orgueilleuse, est-ce que j’essayais de convertir les gens à mes opinions?  Est-ce que je voulais montrer que j’étais plus « fine » qu’eux?

Et pourtant, non.  Mon but était de partager, d’enseigner, de jaser, de parler et d’écouter aussi les autres, d’apprendre d’eux et d’elles aussi.

On a souvent tenté de me faire taire:  « Fermes ta gueule », « Etouffes-toi », ou « On t’as-tu demandé ton avis? »

Ce type de réponses me sidérait, me faisait douter de moi, me questionner.  Quoi, on ne m’aimait pas?  Mais il fallait qu’on m’aime, c’était absolument nécessaire.  Depuis toute petite, je savais que si on ne m’aimait pas, je mourrais.

Alors, je tentais de me taire, je nuançais mes idées, mes opinions afin d’être acceptée, ne pas être rejetée.

Toute ma vie, j’ai senti cette espèce d’amour ou d’acceptation conditionnelle:  ne parles pas trop, ne t’exprimes pas trop, ne discutes pas de politique, de féminisme, de sociologie, de religion ou de spiritualité, tu déranges. Ce n’est pas le rôle d’une femme ça.

Y en a même un qui, alors que le PQ commençait à prendre sa place au Québec, accompagné d’une de mes amies, m’avait dit textuellement:  « Voyons donc!  Occupes-toi pas de ça.  J’te l’dis moi, quand tu vas tomber amoureuse, tu vas t’en f… de la politique! »  C’était bien mal me connaître. Comme si le fait d’avoir un chum allait m’arrêter de penser!!!

Mais, avec la tête de cochon que j’ai, je n’ai pas cessé de discuter et bien sûr de déranger. Parfois, j’ai même l’impression d’avoir fait exprès.  Pas pour qu’on me tape dessus, oh non!

Mais pour discuter d’autre chose que « la couleur du rideau de douche » durant une heure.

Parler d’autre chose que de la nouvelle piscine, des dents percées du petit dernier et de la recette de fêves au lard… y a des femmes qui peuvent parler de sujets comme ceux-là durant des heures et des heures!

Nous vivions une époque exaltante à tous les niveaux et j’avais envie qu’on parle d’autre chose que des fleurs du tapis ou de la nouvelle batterie Lagostina.

Parfois, ça faisait du bien d’échanger avec d’autres femmes qui avaient des intérêts semblables aux miens.  Mais, en général, j’étais plus entendue et j’échangeais mieux avec les hommes de la famille car plus renseignés.

Souvent les femmes autour de moi disaient que la politique leur donnait mal à la tête.  Elles refusaient d’en parler sauf pour chiâler contre les jeunes, les souverainistes ou les augmentations de taxes et encore.  Toutes en extase devant Trudeau père et les Yvette!!!!

Alors, non, je n’ai jamais voulu me taire.  J’ai bien essayé. Ca n’a pas fonctionné.

Ca ne fonctionne toujours pas.  Et d’ailleurs, en prenant de l’âge, je suis plus ferme dans mes convictions, mes opinions et la manière que j’ai de les exprimer dérange encore parfois.

Mais, je suis ainsi et je ne changerai pas.

« What you see, read or hear, is what you get »

Bonne journée.

Denise.

Les québécois, les discussions et la chicane

Les québécois, les discussions et la chicane

discussion
Il m’arrive très souvent de constater qu’au Québec, durant une discussion sur un sujet « épineux », si quelqu’un exprime une opinion divergente tout de suite les québécois présents se braquent car ils détestent tellement « la chicane »:  c’est notre faiblesse.
Quand j’étais adolescente, mes parents, les invités et nous,  assis autour d’un bon repas, on parlait de tout: politique, avortement, la pilule, la Crise d’Octobre, le PQ, le FLQ et j’en passe: parfois les discussions étaient assez vives.
Nos parents nous ont appris à exprimer nos idées même si les leurs étaient différentes, même s’ils désapprouvaient les nôtres au premier chef. Jamais ils ne nous ont dit de nous accorder « parce que c’était plus beau l’accordéon ». Souvent, ils étaient aux antipodes de nos positions de jeunes qui pensaient tout connaître et pourtant, ils ont appris de nous et nous avons appris d’eux. Je ne leur dirai jamais assez merci. Jamais.
Le respect, l’écoute et les échanges familiaux m’ont permis de m’exprimer, de ne pas avoir peur de donner mon opinion et d’écouter l’autre même si cette personne ne pense pas comme moi. Car j’ai compris que l’autre peut voir des aspects, des nuances que je n’ai pas pris en compte ou pas du tout considérés.  Ce faisant, j’apprends, j’enrichis mes connaissances et parfois, je change d’opinion ou je nuance la mienne.
 Mais, quand je constate que dans la vie de tous les jours, sur les forums, les blogues, sur Facebook, les gens refusent de discuter, de confronter leurs idées car ils n’aiment pas la chicane ou simplement, ils ironisent ou font dans le sarcasme parce que leurs idées sont coulées dans le ciment, cela me déçoit.
Donc, je  pense aux français parce que plusieurs québécois issus de notre mère-patrie m’ont fait remarquer que souvent nous grimpons sur nos grands chevaux et nous nous sentons tout de suite attaqués au lieu de continuer la conversation, de discuter et tenter de concilier nos idées divergentes ou à tout le moins d’écouter l’autre émettre son point de vue.
Je crois que si nous pouvions accepter d’échanger avec l’autre et nous rappeler que celui qui émet une idée opposée peut nous éclairer et nous faire évoluer, nous faire grandir aussi cela nous serait fort utile en tant que peuple… Soupir.
Ecrire?

Ecrire?

denise

Suis en train de lire « Bird by Bird », d’Ann Lamont.  Ecrivaine et professeur, elle a produit ce petit livre pour aider des êtres comme moi qui veulent écrire mais ne savent pas par quel bout commencer.

Je me revois encore sur la rue De Montigny au tout début de 1960: j’ai 9 ans et j’ai ouvert un cahier car je veux écrire un conte de fées moi aussi.

J’ai commencé.  Ai-je écrit un paragraphe ou une page?  Je ne sais plus.  Je me revois, assise à la petite table de bois sur laquelle je servais le thé à mes poupées et nounours…la tête penchée sur le petit cahier, la page blanche devant moi … Appliquée, la langue un peu sortie sur le coin de la bouche et je forme les mots de ma toute nouvelle écriture, je remplis une ligne, puis deux…Moment de tendresse pour la petite qui voulait laisser déjà sa marque, écrire quelque chose.

Mais, je ne l’ai jamais terminé ce petit conte.  Je ne sais plus du tout où est passé le cahier en question.

J’ai dû l’utiliser pour autre chose!

Plus tard, à la pré-adolescence, comme presque toutes les filles de ma génération, j’avais un petit journal intime dans lequel je notais les petits événements de ma jeune vie.

Puis, est arrivé le moment où l’ex-religieuse qui me « gardait » a découvert mon journal intime.  Je l’avais mal caché.

J’y racontais entre autres, combien m’attirait un garçon nommé Philippe à l’École secondaire Wilfrid-Pelletier, Ville d’Anjou.  J’avais le béguin pour lui.  Mais, eille!  A 13 ans en 1964, il n’y avait rien de « péché » ou d’impur dans cette vision que j’avais. Ce n’est pas ce qu’Elle m’a fait comprendre.  Rêver d’embrasser un garçon c’était péché!

C’est alors qu’elle m’a poussée vers le grand miroir de ma chambre et m’a dit d’un ton convaincant:  « Regardes-toi, t’es tellement laide que jamais un homme ne voudra de toi! « 

Et je l’ai crue.  Effet dévastateur sur ma vie.  Premier résultat:  j’ai foutu mon journal intime aux vidanges.  Je n’en ai réécrit un que 30 ans plus tard sous d’autres humiliations et chagrins de jeune femme.  Deuxième conséquence:  J’ai longtemps cru que j’étais le pire laideron ou presque que la terre ait porté.  Plus tard, je l’ai fait mentir cette méchante frustrée.

Mais depuis toutes ces années, périodiquement, je revenais à l’idée d’écrire.  De tenter d’écrire parce que ma vie n’est pas une vie sans nuages.  Ni une vie ordinaire.  J’ai vécu suffisamment de chaos et de changements émotifs et psychologiques que ma vie mérite d’être connue.

En même temps, ce qui m’arrête, ce qui me stoppe et me fait surtout hésiter, c’est la pensée fort négative que personne ne peut s’intéresser à ce que j’ai à dire… A raconter.

Alors, voilà, j’écris ceci… je lis sur l’art d’écrire et je sais que je manie le verbe parlé et écrit avec assez d’habileté car souvent, on me demande pourquoi je n’écris pas.

Mais ce qui me motive, ce qui me rend l’écriture facile c’est lorsque je suis sur le coup d’une émotion, d’une passion.  Dans ce temps-là, les mots coulent de source.  Ils sont faciles à dire, à mettre sur papier ou à crier, tout dépendant.

Je ne sais pas où me conduira ce blogue.  Je ne sais pas ce que je ferai du reste de ma vie.  J’ai envie d’écrire.  Lentement, doucement, calmement.  Je veux aller vivre à la campagne, entendre les oiseaux de ma fenêtre et écrire.  On verra ensuite.

Je veux la solitude de temps à autres.  Je veux prendre un café sur mon patio, regarder mon chat dormir sur une chaise d’été et mon chien se reposer à mes pieds. Mon chum qui passe derrière moi et pose doucement sa main sur ma nuque avec toute la tendresse et l’amour dont il est capable.

Je veux écrire. denise2